Passer de micro-entrepreneur à SASU en 2026 : étapes et coûts
Passer de micro-entrepreneur à SASU : quand le faire, combien ça coûte (~195 € de frais obligatoires), les 3 étapes clés et comment éviter les pièges. Guide 2026.
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La bascule se prépare avant d'y être contraint. Passé deux années au-dessus du plafond, c'est l'URSSAF qui décide de la date, et la transition se fait dans l'urgence. Voici les signaux qui doivent la déclencher, la procédure exacte, et ce qu'elle coûte réellement.
Quand est-ce que ça devient nécessaire ?
Le plafond de chiffre d'affaires
La micro-entreprise impose des seuils de CA à ne pas dépasser (source : autoentrepreneur.urssaf.fr) :
| Activité | Plafond 2026 |
|---|---|
| Ventes de marchandises, hébergement | 203 100 € |
| Prestations de services (BIC / BNC) | 83 600 € |
| Meublés de tourisme non classés | 15 000 € |
Si vous dépassez ces seuils deux années consécutives, vous sortez automatiquement du régime micro au 1er janvier suivant (service-public.fr). Dans ce cas, la transition subie est bien moins confortable qu'une transition anticipée.
D'autres raisons valables
- Charges déductibles importantes : la micro applique un abattement forfaitaire fixe. Dès que vos charges réelles (matériel, locaux, sous-traitance) dépassent cet abattement, l'IS sur le résultat net est plus avantageux.
- Protéger votre patrimoine personnel : la SASU est une personne morale distincte, vos biens personnels ne sont pas exposés aux dettes professionnelles (sauf faute de gestion).
- Crédibilité commerciale et accès au financement : certains clients grands comptes ou établissements bancaires préfèrent traiter avec une société.
- Anticiper l'entrée d'un associé ou d'un investisseur : la SASU peut évoluer en SAS par simple modification des statuts.
Les 3 étapes de la transition
1. Créer la SASU
La création passe par le guichet unique de l'INPI (entreprendre.service-public.gouv.fr). Les formalités comprennent :
- Rédaction des statuts (à faire soi-même ou via une plateforme)
- Dépôt du capital social (pas de minimum légal en SASU : 1 € suffit, mais un capital cohérent avec votre activité est conseillé)
- Publication d'une annonce légale (~141 € HT en métropole)
- Immatriculation au RCS (33,83 €) et déclaration des bénéficiaires effectifs (19,33 €)
Total des frais obligatoires : environ 195 €, hors frais de service si vous utilisez une plateforme.
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2. Transférer l'activité
Aucune procédure ne « transforme » une micro-entreprise en SASU : ce sont deux structures juridiques distinctes, et le transfert d'activité se fait sans acte formel.
- Vous facturez désormais sous le SIREN de la SASU
- Vous informez vos clients et fournisseurs du changement de structure
- Si vous avez des contrats en cours, vérifiez les clauses de cession (certains nécessitent un avenant)
- Ouvrez un compte professionnel au nom de la SASU pour isoler les flux
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3. Cesser la micro-entreprise
Une fois l'activité transférée, déclarez la cessation de votre micro-entreprise via le guichet unique INPI. Cette déclaration est gratuite. Elle déclenche la radiation de votre SIRET d'auto-entrepreneur.
Pensez à régulariser vos dernières déclarations URSSAF et à reverser la TVA collectée si vous étiez soumis au régime réel.
Ce qui change concrètement
Le régime social
En micro-entreprise, vous êtes travailleur non salarié (TNS) : les cotisations sont calculées sur votre chiffre d'affaires, à un taux forfaitaire (22 % pour les prestations BIC, 21,1 % pour les BNC en 2026, urssaf.fr).
En SASU, le président est assimilé salarié : les cotisations sociales sont calculées sur la rémunération versée, comme pour un cadre (patronales + salariales). La protection est plus complète (retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, prévoyance, indemnités journalières maladie plus favorables) mais les charges sont plus élevées. Sans rémunération versée, il n'y a pas de cotisations sociales, et donc aucun droit constitué non plus.
Le simulateur officiel Urssaf permet de comparer les deux situations : mon-entreprise.urssaf.fr.
La fiscalité
- Micro : impôt sur le revenu (IR) sur un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité).
- SASU : impôt sur les sociétés (IS) sur le résultat net, avec option IR temporaire pendant 5 ans sous conditions.
L'IS est en général plus avantageux dès que les charges réelles sont significatives et que le résultat net est inférieur à votre tranche marginale d'imposition IR.
La comptabilité
La micro-entreprise n'impose qu'un livre de recettes. La SASU impose une comptabilité complète : bilan, compte de résultat, rapport de gestion annuel. C'est le poste de coût récurrent que la plupart des créateurs sous-estiment, l'expert-comptable devenant difficilement contournable.
Les pièges à éviter
- Attendre le dépassement forcé : si l'URSSAF vous sort du régime micro pour dépassement, vous n'avez pas le choix de la date ni le temps de préparer la transition.
- Négliger le compte professionnel : une SASU sans compte dédié crée des complications comptables et des risques de confusion de patrimoine.
- Sous-capitaliser : un euro de capital, c'est légal, mais un capital nul fragilise votre crédibilité auprès des banques et des fournisseurs.
- Oublier les aides à la création : si vous créez votre SASU pour la première fois, vous pouvez bénéficier de l'ACRE (exonération partielle de cotisations sociales la première année). Le diagnostic Subventions Facile liste les aides disponibles selon votre profil et votre région.
Pour aller plus loin
- Créer son entreprise en ligne en 2026 : comment faire, le guide complet sur la création de société depuis zéro.
- Auto-entrepreneur ou société : le vrai comparatif 2026, si le choix de statut n'est pas encore tranché.
- Diagnostic aides à la création, pour les subventions et dispositifs accessibles à votre projet.
Questions fréquentes
Quand faut-il envisager de passer de micro-entrepreneur à SASU ?
Trois signaux principaux : votre chiffre d'affaires approche le plafond de la micro (83 600 € pour les prestations de services, 203 100 € pour les ventes en 2026), vous souhaitez faire entrer des associés ou des investisseurs, ou vos charges déductibles deviennent importantes (la micro impose un abattement forfaitaire, pas les charges réelles).
Combien coûte la création d'une SASU en 2026 ?
Les frais obligatoires incompressibles s'élèvent à environ 195 € : annonce légale (~141 € HT en métropole), immatriculation au RCS (33,83 €) et déclaration des bénéficiaires effectifs (19,33 €). Si vous passez par une plateforme de création en ligne (Legalstart), des frais de service s'y ajoutent. Un accompagnement par un avocat ou un expert-comptable augmente ce budget.
Peut-on garder sa micro-entreprise en créant une SASU ?
Oui, techniquement. Certains entrepreneurs gardent les deux structures un temps pour transférer progressivement leur activité. Mais exercer la même activité dans les deux entités crée des risques de confusion, et la micro-entreprise doit de toute façon être radiée si vous en avez fini avec elle. Mieux vaut planifier la transition proprement.
Quel est le régime social du président de SASU ?
Le président de SASU est assimilé salarié : il cotise comme un cadre salarié (retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, prévoyance, maladie). Il ne cotise pas à l'assurance chômage. En micro-entreprise, le régime TNS (travailleur non salarié) est moins protecteur mais moins coûteux.
La SASU est-elle imposée à l'IS ou à l'IR ?
La SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) par défaut. Il est possible d'opter temporairement pour l'impôt sur le revenu (IR) pendant une durée maximale de 5 ans, si la SASU remplit certaines conditions (entreprise de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, CA inférieur à 10 M€ notamment).