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Création d'entreprise12 min de lecture

Auto-entrepreneur ou société : le vrai comparatif 2026

Micro-entreprise, EURL ou SASU : comparatif chiffré avec charges, plafonds, coût comptable et cas pratiques pour choisir le bon statut.

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Équipe éditoriale

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Mis à jour le

Trois statuts couvrent la quasi-totalité des créations solo en 2026 : auto-entrepreneur, EURL et SASU. Ils se départagent sur cinq critères mesurables, pas sur des préférences.

Le statut détermine :

  • Le montant des charges, entre 22 % du chiffre d'affaires et 70 % du salaire versé
  • Le coût comptable annuel, de 0 € à 2 500 €
  • Ce que vous pouvez déduire, rien ou l'intégralité des frais réels
  • Le plafond de chiffre d'affaires, borné ou illimité
  • La capacité à faire entrer un associé un jour

Le statut de départ n'est pas définitif : le changement prend environ un mois. Autant partir sur le bon.

Bon à savoir : notre guide complet des aides aux entreprises en 2026 recense les subventions accessibles dès la création de la structure.

Les 3 options principales (et pour qui elles sont faites)

Option 1 : Auto-entrepreneur (Micro-entreprise)

C'est quoi ? Le statut le plus simple en France. Vous déclarez votre chiffre d'affaires chaque mois ou trimestre, et vous payez un pourcentage de charges sociales. Aucun bilan, aucune liasse fiscale.

Les charges :

  • Prestations de services : environ 22% du CA
  • Vente de marchandises : environ 12,8% du CA
  • Activités libérales : environ 22% du CA

Pas de TVA à gérer tant que vous restez sous les seuils (36 800 € pour les services, 91 900 € pour la vente).

Source officielle : URSSAF - Le régime de l'auto-entrepreneur

Les avantages :

  • Création en 15 minutes sur le guichet unique
  • Comptabilité réduite à un livre de recettes
  • Aucune cotisation sans chiffre d'affaires : le calcul se fait sur ce que vous encaissez
  • Cumulable avec un CDI, ce qui permet de tester sans démissionner

Les inconvénients :

  • Plafonds de CA (source : autoentrepreneur.urssaf.fr) : 83 600 € pour les services, 203 100 € pour la vente (2026-2028)
  • Aucune déduction des charges : que vous dépensiez 0 € ou 10 000 €, les cotisations portent sur le chiffre d'affaires brut
  • Portes fermées chez certains grands comptes, dont les services achats excluent le statut
  • Protection sociale plus faible : droits à la retraite et indemnités journalières réduits

C'est pour vous si :

  • Vous démarrez et voulez tester votre activité sans risque
  • Votre CA prévisionnel reste sous les plafonds
  • Vous avez peu de charges professionnelles (pas d'achats de matériel, pas de bureaux)
  • Vous voulez garder ça simple et gérer vous-même

Option 2 : EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)

C'est quoi ? Une SARL avec un seul associé. Vous créez une vraie société, avec un capital social (même 1 €), et vous êtes gérant de cette société.

Les charges :

  • Environ 45% du salaire net que vous vous versez
  • Comptabilité obligatoire avec un expert-comptable
  • TVA à gérer dès le départ

Source officielle : Service-Public.fr - EURL

Les avantages :

  • Déduction des charges réelles : bureaux, matériel, déplacements
  • Kbis et numéro RCS, exigés par une partie des donneurs d'ordre
  • Niveau de rémunération choisi, ce qui ouvre l'arbitrage salaire / résultat
  • Patrimoine personnel séparé : responsabilité limitée aux apports
  • Aucun plafond de chiffre d'affaires

Les inconvénients :

  • Comptabilité d'engagement obligatoire, donc un expert-comptable et des frais mensuels
  • Charges à environ 45% de ce que vous vous versez
  • Formalités de création plus lourdes : statuts, dépôt de capital, annonce légale
  • Obligations maintenues même sans activité : les comptes se tiennent et se déposent quand même

C'est pour vous si :

  • Vous prévoyez de dépasser les plafonds de l'auto-entreprise rapidement
  • Vous avez des charges professionnelles importantes à déduire
  • Vous voulez travailler avec des grands comptes ou répondre à des appels d'offres
  • Vous préférez l'imposition sur les sociétés (IS) plutôt que l'impôt sur le revenu (IR)

Option 3 : SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)

C'est quoi ? Une SAS avec un seul associé. Vous en êtes le président, et vous relevez du régime général de la Sécurité sociale. C'est la forme majoritaire chez les startups et les profils tech.

Les charges :

  • Environ 65-70% du salaire net que vous vous versez (régime général de la Sécurité sociale)
  • Comptabilité obligatoire avec expert-comptable
  • TVA à gérer dès le départ

Les avantages :

  • Statuts très librement rédigeables, ce qui permet des clauses sur mesure
  • Régime général de la Sécurité sociale, avec la couverture d'un cadre salarié
  • Dividendes hors charges sociales, soumis à la seule flat tax de 30%
  • Entrée d'associés et levée de fonds sans changer de forme juridique
  • La forme attendue par les investisseurs, ce qui évite une transformation avant un tour

Les inconvénients :

  • Les charges sociales les plus élevées des trois statuts : 65-70% sur le salaire versé
  • Comptabilité d'engagement, avec expert-comptable
  • Formalités de création et de gestion plus lourdes
  • Des coûts fixes qui courent même à activité nulle

C'est pour vous si :

  • Vous visez une croissance rapide et ambitieuse
  • Vous comptez lever des fonds ou faire entrer des associés
  • Vous voulez optimiser avec dividendes + salaire
  • Vous avez déjà une expérience entrepreneuriale ou un business plan solide

Tableau comparatif : les critères qui comptent

CritèreAuto-entrepreneurEURLSASU
Formalités de créationEn ligne, 15minStatuts + formalitésStatuts + formalités
Coût de création0 €200-500 €200-500 €
Charges sociales12-22% du CA45% du salaire net65-70% du salaire net
ComptabilitéLivre de recettesExpert-comptableExpert-comptable
Coût comptable annuel0-500 €1 000-2 500 €1 000-2 500 €
Plafond CA83 600 € (services)AucunAucun
Déduction chargesNonOuiOui
TVAFranchise jusqu'aux seuilsDès le départDès le départ
Crédibilité clientsMoyenneBonneExcellente
Protection socialeCorrecteCorrecte (TNS)Optimale (régime général)
Optimisation fiscaleLimitéeBonne (IR ou IS)Excellente (dividendes)
ÉvolutivitéLimitéeMoyenneMaximale
Levée de fondsImpossibleDifficileIdéale

Notre guide pratique pour obtenir une subvention d'entreprise détaille les dispositifs de financement accessibles quel que soit le statut retenu.

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Comment choisir ? Les vraies questions à se poser

Cinq questions suffisent à trancher.

Question 1 : Quel CA visez-vous cette année ?

  • Moins de 30 000 € : auto-entrepreneur, sans discussion
  • 30 000 € à 70 000 € : auto-entrepreneur dans la plupart des cas, à vérifier contre vos charges réelles
  • Plus de 70 000 € : société, EURL ou SASU

Question 2 : Quel poids représentent vos frais professionnels ?

  • Moins de 10% du CA : auto-entrepreneur
  • 10 à 30% du CA : zone d'arbitrage, le calcul s'impose
  • Plus de 30% du CA : société, pour déduire

Exemple concret : Un consultant facture 60 000 € par an. Ses frais : un laptop à 1 500 € et des cafés clients pour 500 €. Les déduire ne rapporterait presque rien. Auto-entrepreneur.

Un photographe facture le même montant. Ses frais : matériel photo (5 000 €), voiture (3 000 €), assurance pro (800 €), logiciels (1 200 €). Ces charges, non déductibles en micro, rendent la société rentable malgré les honoraires du comptable. Société.

Question 3 : Activité principale ou activité secondaire ?

  • Test ou activité en parallèle : auto-entrepreneur
  • Activité principale, à temps plein : société, pour la crédibilité et la déduction

Question 4 : Avec qui travaillez-vous ?

  • Particuliers et petites entreprises : auto-entrepreneur
  • PME et ETI : société recommandée
  • Grands comptes et administrations : SASU, souvent exigée par les services achats

Question 5 : Où voulez-vous en être dans 3 ans ?

  • Rester seul, activité stable : auto-entrepreneur ou EURL
  • Recruter, grandir, ouvrir le capital : SASU dès le départ

Les erreurs classiques

Rester en auto-entrepreneur parce que c'est plus simple

À 70 000 € de chiffre d'affaires avec 20 000 € de frais, les cotisations portent sur 70 000 € au lieu de 50 000 €. La simplicité administrative se paie alors plusieurs milliers d'euros par an.

Le seuil de bascule : dès que les charges réelles dépassent 15-20% du CA, la société redevient rentable, honoraires d'expert-comptable compris.

Créer une SASU trop tôt

Expert-comptable, comptabilité d'engagement, bulletins de paie : sur une première année à 10 000 € de chiffre d'affaires, les frais fixes absorbent la marge. Le passage en société se fait en un mois, il n'y a aucune raison de l'anticiper de deux ans.

Ne pas anticiper le plafond

Atteindre le plafond en septembre oblige à changer de statut dans l'urgence, en pleine activité. Préparez le passage dès que vous franchissez 50-60% du plafond, pas quand vous le touchez.

Confondre EURL et SASU

En EURL, le gérant est travailleur non salarié (TNS). En SASU, le président est assimilé salarié. Trois conséquences : une protection sociale différente, des charges différentes (45% contre 70%), et un traitement des dividendes différent.

Le choix se fait sur cet arbitrage : SASU pour sortir du résultat en dividendes, EURL pour payer moins de charges sur la rémunération.

Se lancer sans couverture

Trois contrats à regarder quel que soit le statut :

  • Assurance RC Pro, pour les dommages causés à un client
  • Protection juridique, en cas de litige
  • Prévoyance, faute d'employeur pour maintenir le revenu en cas d'arrêt

Nos recommandations par profil

Profil 1 : Le testeur (activité en parallèle, idée non validée)

Statut recommandé : Auto-entrepreneur

Création en 15 minutes, six mois de test, radiation gratuite si l'activité ne prend pas. Aucun autre statut ne permet de sortir sans frais.

Profil 2 : Le freelance solo (consultant, designer, dev)

Statut recommandé : Auto-entrepreneur puis SASU

Démarrez en auto-entrepreneur. Deux signaux déclenchent la bascule : franchir 50 000 € de CA annuel, ou commencer à répondre à des grands comptes. La SASU ouvre alors l'arbitrage salaire / dividendes.

Profil 3 : L'artisan / commerçant (dépenses matérielles importantes)

Statut recommandé : EURL

Stock, matériel, local : ces postes se déduisent en société et pas en micro. L'EURL le permet avec des charges sociales inférieures à celles d'une SASU.

Profil 4 : Le fondateur de startup (ambition de grandir vite)

Statut recommandé : SASU

Créez directement en SASU. Faire entrer un associé ou lever des fonds ne demande alors aucune transformation, et c'est la forme que les investisseurs attendent au moment du tour.

Profil 5 : L'e-commerçant (dropshipping, vente en ligne)

Statut recommandé : Auto-entrepreneur puis EURL

Commencez en auto-entrepreneur pour tester. Le passage en EURL s'impose au plafond (203 100 € pour la vente), et permet surtout de déduire les achats de stock et le budget publicitaire, qui pèsent lourd en e-commerce.

Comment faire cohabiter plusieurs statuts (ou changer de statut)

Peut-on cumuler auto-entrepreneur et société ?

Oui, sous trois conditions :

  • Les activités doivent être différentes
  • Les mêmes clients ne peuvent pas être facturés sur les deux structures
  • Le montage attire l'attention de l'URSSAF, qui y voit un risque de contournement

Sur deux activités hésitantes, testez les deux sous un seul statut. La séparation se fait plus tard, quand l'une des deux justifie sa propre structure.

Comment passer d'auto-entrepreneur à société ?

Trois étapes :

  1. Créer la société (EURL ou SASU)
  2. Transférer l'activité vers la nouvelle structure
  3. Radier l'auto-entreprise sur le guichet unique

Durée : 1 mois environ. Coût : 200-500 € de frais de création.

Les deux structures peuvent coexister 1-2 mois le temps de la transition : continuez à facturer sur l'auto-entreprise pendant l'immatriculation de la société, pour ne pas interrompre les encaissements.

Les outils pour vous simplifier la vie (quel que soit votre statut)

Pour créer votre structure :

Legalstart

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Service complet : statuts, immatriculation, dépôt au greffe et formalités annexes, pour toutes les formes de société.

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Création offerte pour tout abonnement Indy Premium, hors frais de greffe (60,05 € HT) et d'annonce légale (180 € HT). Pratique si vous gérez déjà votre compta au même endroit.

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Guide officiel : Bpifrance Création - Choisir son statut juridique

Pour gérer votre compta :

  • Auto-entrepreneur : Indy (offre Essentiel gratuite, Plus à 9 € HT/mois en annuel), Shine (plan Free à 0 €), ou un simple tableur Excel
  • EURL/SASU : expert-comptable en ligne (Dougs, Indy, Blank) ou local

Pour votre compte bancaire :

  • Compte pro obligatoire pour les sociétés (EURL/SASU)
  • Compte dédié suffisant pour auto-entrepreneur (pas forcément pro)
  • Options populaires : Shine, Qonto, Revolut Business

Pour vos factures et devis :

  • Freebe (gratuit pour auto-entrepreneurs)
  • Henrri (gratuit)
  • Indy (intégré avec la compta)

Ce qu'il faut retenir

Cinq situations, cinq réponses :

  1. Démarrage et test : auto-entrepreneur
  2. Plus de 70 000 € de CA visés : société, EURL ou SASU
  3. Charges professionnelles élevées : société, pour déduire
  4. Projet de levée de fonds : SASU dès le départ
  5. Activité solo appelée à le rester : auto-entrepreneur ou EURL

Le statut se choisit sur la situation de l'année en cours, pas sur celle de la cinquième. Le changement prend un mois et coûte 200-500 € : ce n'est pas une décision irréversible.

Pour aller plus loin : les aides à la création d'entreprise disponibles en France financent le démarrage quel que soit le statut retenu.

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Sources officielles :